ACTUALITÉS
DE LA MAISON NUMÉRIQUE CONNECTÉE
actualite
Les objets connectés et le consommateur

Une étude récente  montre que 56 % des Français connaissent mal les objets connectés, voire « très mal » pour 6 %. Le taux d’équipement en IoT est d’ailleurs relativement faible, car sur les 35 % de ménages équipés, 22 % sont dotés d’une « télévision connectée », ce qui laisse peu de place aux autres types d’objets. Enfin, si les Français s’intéressent à ce domaine pour la médecine, la sécurité et la domotique, ils sont aussi inquiets de devenir dépendants et de voir leurs données personnelles utilisées par des tiers.

Quels sont les axes d’amélioration à envisager pour mieux coller aux attentes des consommateurs ? Lors du #DISTREE ConnectDays, une table ronde a proposé plusieurs pistes de réflexion. Les intervenants ont notamment rappelé l’importance de redéfinir le service de l’objet connecté, d’inter-lier les produits, de soigner les logiciels et de concevoir de nouveaux supports et enfin d’insérer le storytelling dans sa stratégie de communication.

Ils manqueraient d’« usage utile ». Et si cet usage utile est déjà présent, dans ce cas, il faut le raconter au public en narrativant davantage les produits : le storytelling est essentiel, selon elle, pour capter le public. Vincent Guyot, fondateur du Web des objets, abonde dans ce sens et pense qu’on devrait davantage penser « service » connecté plutôt qu’ « objet », afin de replacer la réflexion autour du bénéfice-service. En fin d’année 2015, une étude Deloitte pointait déjà le manque d’usages innovants, et le CTO de Kuna Systems Haomiao Huang évoquait l’internet des objets utiles : « le simple fait de connecter un objet ne le rend pas utile » avançait-il à L’Atelier US.

Ce flou autour de l’usage transforme les utilisateurs en « hackers », d’après la sociologue Laurence Allard, qui explique que certains détournent les produits : par exemple, des caméras de surveillance finissent par servir à observer la faune et la flore de son jardin. Les Français seraient ainsi davantage dans l’appropriabilité des IoT, c’est-à-dire faire sien un usage, plutôt que dans l’acceptabilité de l’objet, « car au fond, ce n’est pas acceptable de capter et livrer tant de données »a-t-elle précisé. Une analyse qui fait encore écho aux propos d’Haomiao Huang, qui stipulait que l’objet connecté n’est pas une donnée fixe et que ce sont les utilisateurs qui en dénichent toutes les utilités possibles.

La nécessité d’inter-opérabilité des produits est également au cœur du débat. Fanny Bouton estime que de nombreux objets sont intéressants, mais pas à la bonne place : les coupler à un autre bien ou service les rendraient plus pertinents, et elle encourage les distributeurs à conseiller les start-up en ce sens quand cela semble judicieux. Une vision partagée par Vincent Guyot, qui parle d’interconnexion entre les objets pour placer le consommateur dans des scénarios multiples d’usage : on en revient au storytelling et à « raconter » davantage les objets connectés.

Enfin, les applications posent particulièrement problèmes car trop liées aux smartphones et nécessitant le développement de nouvelles plate-formes (une télécommande contextuelle par exemple ?) C’est en tout cas ce qu’avance Olivier Ezratty, auteur du Guide des start-up, qui estime que les applications seraient souvent déceptives car « ni fluides, ni esthétiques, banales ou complexes : il y a trop de paramétrages ! » Il raconte que, dans certains cas, il est dommage de constater que tout est misé sur l’objet lui-même très bien réalisé, mais dont le logiciel est inexploitable.

Partagez !